Besançon au cœur du défi écoémotions et santé mentale face au changement climatique

Besançon au cœur du défi écoémotions et santé mentale face au changement climatique

Une mobilisation croissante à Besançon autour des écoémotions

En 2024, Besançon a été le théâtre d’un événement majeur organisé par France Nature Environnement (FNE), soulignant l’émergence d’une problématique essentielle : celle des écoémotions face au changement climatique. Lors d’une soirée au Kursaal, une cinquantaine de participants ont échangé avec une écothérapeute, un psychiatre et une chercheuse en psychosociologie, mettant en lumière l’importance d’exprimer et de transformer ces émotions, qu’elles soient positives ou négatives.

Les enjeux psychologiques et sociaux liés à l’environnement

Selon Patrick Bourque, président de FNE dans le Doubs, cette problématique « monte » en importance, surtout chez les jeunes, qui manifestent souvent des sentiments d’écoanxiété, de colère ou de culpabilité. La chercheuse Nathalie Rude, qui intervient aussi à l’Université Marie et Louis Pasteur, explique que si ces émotions perdurent dans le temps, elles peuvent devenir pathologiques, pouvant mener à des états de détresse comme la dépression ou la honte.

Une attention particulière est portée sur la nécessité de verbaliser ces sentiments pour mieux les gérer. Des actions concrètes, individuelles ou collectives, telles que la participation à des replantations ou des animations de sensibilisation, sont encouragées pour favoriser la résilience des individus face à l’urgence écologique.

La reconnaissance des écoémotions, un pas vers l’action et la santé

Les écoémotions, qui regroupent des sentiments positifs comme l’émerveillement mais aussi des sentiments négatifs tels que la tristesse ou la peur, constituent une étape essentielle dans l’acceptation de la crise écologique. La démarche psychologique préconise leur verbalisation pour permettre à chacun d’entrer en résilience, et aux jeunes en particulier, d’intégrer ces émotions dans leur trajectoire personnelle et professionnelle.

Ces enjeux psychosociaux sont également pris en compte dans l’enseignement supérieur, où un module spécifique sur la transition écologique est dispensé depuis trois ans. La sensibilisation et l’écoute active des étudiants sont devenues essentielles pour éviter que ces sentiments ne deviennent des sources de détresse chronique, telles que la solastalgie, définie comme une nostalgie d’un environnement perçu comme changé negativement.