Une université historique en déficit pour la première fois
Selon France 3 Franche-Comté, l’université Marie et Louis Pasteur de Besançon, qui a toujours maintenu un budget à l’équilibre, sera en déficit en 2026, une première dans son histoire. Son président, Hugues Daussy, a annoncé que le budget initial de la faculté présente un déficit de 4 millions d’euros cette année, en grande partie due à une hausse non compensée des charges et à une augmentation du nombre d’étudiants. Depuis 2022, l’université a subi une surcharge de charges d’environ 5 millions d’euros, aggravée par la crise énergétique de 2022. Le nombre croissant d’étudiants, avec une hausse d’environ 25 % depuis 2010, contribue également à la difficulté financière, malgré un maintien des campagnes de recrutement d’enseignants-chercheurs et des opérations immobilières.
Ce contexte local s’inscrit dans une crise nationale où plus de 60 universités françaises ont signé une tribune dans La Tribune dimanche dernier, alertant sur l’état critique du financement de l’enseignement supérieur. Avec la loi de finances 2026, qui prévoit une augmentation de 230 millions d’euros pour la mission recherche et enseignement supérieur, les universités soulignent toutefois que cette somme reste insuffisante face à l’ampleur des charges et des effectifs. La tribune affirme que « l’Enseignement supérieur et la Recherche publics sont en grand danger » et que leur fragilité pourrait entraîner une baisse de leur rôle dans la transmission du savoir, mettant en péril la capacité de la France à rester compétitive sur la scène internationale.
Les enjeux pour la jeunesse et l’avenir de la France
Hugues Daussy insiste sur le fait que l’université est la clé de l’avenir pour la jeunesse et le pays tout entier. La crainte est que, si cette situation perdure, l’université pourrait être contraintes de se limiter dans la création d’emplois et de projets, ce qui affecterait directement la formation de la jeunesse. La tribune des présidents d’universités met en garde contre le déclin de la société et la perte de compétitivité face à des pays qui massivement investissent dans leur enseignement supérieur, comme la Chine, l’Allemagne ou la Corée du Sud. Le président de l’université bisontine souligne enfin que ces difficultés pourraient remettre en cause la capacité des universités françaises à jouer leur rôle essentiel pour l’avenir, aussi bien au niveau national qu’international.