La crise sans précédent du secteur associatif à Besançon
Le monde associatif de Besançon, comme dans toute la France, tire la sonnette d’alarme face à une crise inédite menaçant son existence. Selon Estelle Jeannin, coordinatrice régionale du Mouvement Associatif en Bourgogne-Franche-Comté, la mobilisation des associations ce samedi constitue une première, témoignant de la gravité de la situation. Les associations, qui interviennent dans des domaines essentiels tels que la crèche, la cantine, le loisir ou encore l’aide aux personnes âgées, sont aujourd’hui au bord de la rupture, confrontées à une succession de crises. La pandémie de Covid-19 et l’inflation ont accentué leurs difficultés, avec des charges en hausse et des moyens en baisse due notamment à la réduction des aides publiques. La région Bourgogne-Franche-Comté comptait 76 000 salariés dans le secteur en 2025, un chiffre qui pourrait largement diminuer dans un contexte où les procédures collectives et liquidations ont doublé depuis 2022 en France. La conséquence immédiate : 16% des associations bourguignonnes ont réduit leurs activités, et ce sont finalement les citoyens qui en subissent les conséquences, avec la diminution des services et des activités offertes. La crise touche également en profondeur le secteur de la santé. Emmanuel Bodoignet, vice-président national de l’association Aides, raconte que malgré un contrat pluriannuel avec l’État, leur organisme a subi une baisse de 1,2 million d’euros de subventions, obligeant à un plan social concernant 61 salariés. La plus grande préoccupation concerne la baisse des financements publics, qui complique encore davantage la gestion quotidienne des associations, déjà fragilisées par un manque de visibilité à moyen ou long terme. Fabien Quinet, président du Crajep, souligne que ces structures vitales, souvent organisées avec l’aide de bénévoles, sont menacées par la diminution des ressources, et une partie d’entre elles dispose à peine de trois mois de trésorerie. La maire de Besançon, Anne Vignot (EELV), a affirmé que la ville avait augmenté son aide aux associations de 10% sur cinq ans, mais cela ne suffit pas à compenser la baisse nationale. La situation est exacerbée par des retards dans le versement des subventions et une instabilité politique qui rend difficile la planification à moyen terme. Confrontées à ces difficultés, un mouvement de mobilisation nationale a été lancé, avec des actions prévues dans toute la France pour alerter sur la gravité de la situation et réclamer un soutien sans faille, car, comme le conclut Estelle Jeannin, « ce qu’on demande, c’est pas un euro de moins, pas un centime d’épargne pour le monde associatif ».