La contamination des eaux de Besançon par les PFAS suscite l’inquiétude
Une étude scientifique publiée le 14 octobre 2025, relayée par France 3 et FranceInfo, a révélé la présence de polluants éternels, appelés PFAS, dans l’eau du robinet de Besançon. Ces substances, notamment les TFA, ont été mesurées à des taux pouvant atteindre 3,8 microgrammes par litre dans certains quartiers comme Saint-Claude, Pouilley-les-Vignes ou Planoise. Bien que ces niveaux restent en dessous des seuils recommandés par l’ARS, ils ont suscité la crainte d’une contamination potentielle et remettent en question la sécurité de l’eau potable dans la région.
Les PFAS, ou per- et polyfluoroalkylés, sont connus pour leur persistance dans l’environnement, pouvant durer jusqu’à 1000 ans. Utilisés dans l’industrie pour leurs propriétés antiadhésives ou imperméables, ils sont considérés comme des polluants incontrôlés et toxiques. Selon France 3, le TFA, en particulier, est suspecté d’avoir des effets néfastes sur la santé, notamment la toxicité hépatique et des risques pour la reproduction humaine.
Le vice-président de l’agglomération de Besançon, Christophe Lime, qui supervise la gestion de l’eau potable, a tenu à rassurer la population. Dans un entretien accordé à FranceInfo, il a précisé que la concentration de TFA dans l’eau reste très en dessous des normes actuelles, avec environ 1,2 microgramme par litre, alors que la recommandation de l’ARS est de ne pas dépasser 60 microgrammes. Il a affirmé que l’eau demeure parfaitement potable, soulignant l’absence de danger immédiat pour la santé des habitants. Selon lui, cette présence résulte en partie des limites actuelles des laboratoires et de la difficulté à détecter ces substances en si petites quantités.
Les autorités locales ont annoncé leur engagement à intensifier la recherche pour identifier et lutter contre les sources de pollution. La métropole de Besançon a également signé une convention avec l’université Chrono-environnement afin de mener des études approfondies sur les PFAS. Mme Lime a évoqué la nécessité de revoir notre mode de société sans attendre, en s’interrogeant sur la production et l’usage des produits chimiques contenant ces polluants, que ce soit dans l’agriculture ou l’industrie. Il a précisé que la métropole n’envisage pas de traiter ces substances directement dans l’eau, mais préfère s’attaquer à leur origine en amont.
Les résultats de ces analyses ont toutefois été source d’émoi parmi la population, notamment auprès des usagers des écoles et crèches. Le souci de la présence de PFAS dans l’eau a été amplifié par leur présence également dans l’eau en bouteille, qui contient entre 0,5 et 0,8 microgramme par litre, contre 1,2 microgramme dans les eaux de consommation courante, comme l’a indiqué FranceInfo. La problématique, précise Christophe Lime, ne concerne pas uniquement l’eau, mais l’ensemble de notre mode de vie, qui pourrait nécessiter une révision pour réduire l’exposition à ces polluants.
En conclusion, si la population de Besançon peut se rassurer sur la potabilité de son eau, la problématique des PFAS reste une question préoccupante pour l’environnement et la santé publique. Les autorités locales encouragent la recherche et la prévention, affirmant leur volonté de ne pas laisser les usagers payer le prix d’une pollution dont la source doit être identifiée et éliminée. France 3 souligne que cette problématique est encore émergente, mais qu’elle appelle une vigilance accrue et une action collective pour préserver la qualité de l’eau et la santé des citoyens.