Une enquête judiciaire à Besançon révèle une imposture orchestrée par un professeur
À Besançon, une affaire qui fait grand bruit met en lumière une gigantesque supercherie. Selon franceinfo, un professeur de lettres modernes rattaché à l’université de Franche-Comté est suspecté d’avoir créé un faux prix Nobel, qu’il aurait fait valoir pendant des années comme une distinction prestigieuse. Après une enquête menée par la justice, il apparaît que cette distinction, la « médaille d’or de philologie », n’a en réalité aucune existence officielle.
Ce professeur, Florent Montaclair, est diplômé de la Sorbonne et enseigne dans un institut rattaché à l’université de Franche-Comté depuis plus de vingt-cinq ans. Pourtant, à partir de 2016, il affirme avoir reçu cette médaile décernée par une prétendue société savante, la « Société internationale de philologie ». Il aurait même organisé une cérémonie à l’Assemblée nationale pour célébrer cette distinction, tout en prétendant avoir obtenu un doctorat aux États-Unis et être membre d’une société savante, références qui n’étaient en réalité que des sites internet qu’il avait lui-même créés.
Une mise en lumière d’une activité peu connue
Selon le procureur de Montbéliard, Paul-Édouard Lallois, cette histoire est une « histoire à dormir debout ». L’affaire a éclaté en 2019 lorsque des journalistes roumains ont découvert l’imposture après avoir annoncé la remise d’un faux lauréat. L’université concernée a immédiatement saisi la justice, qui a ouvert une enquête pour faux, usage de faux, escroquerie et usurpation.
Florent Montaclair, qui conteste toute infraction, justifie ses actes par une volonté de valoriser un domaine peu connu de la science du langage. Cependant, la question demeure sur l’usage qu’il a fait de cette distinction, notamment si cela a facilité sa promotion en 2022 ou la remise d’une médaille d’honneur par la ville de Montbéliard. Une procédure disciplinaire a également été engagée par l’université.
Les investigations se poursuivent pour déterminer si cette supercherie lui a coûté ou non, des préjudices ou des avantages indus. La justice le menace d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison pour escroquerie, et l’enquête continue pour éclaircir toutes les implications de cette imposture.