Résultats alarmants d’une étude sur la qualité de l’eau à Besançon
Une étude récente publiée dans la revue scientifique Discover Water a révélé que 100 % des échantillons d’eau du robinet prélevés à Besançon sont contaminés par l’acide trifluoroacétique (TFA), un polluant durable classé parmi les PFAS. Menée entre novembre 2024 et avril 2025, cette étude a collecté soixante-trois échantillons dans plusieurs quartiers du Grand Besançon, notamment Saint-Claude, Planoise et Montrapon, avec des concentrations records respectives de 3800, 1700 et 1200 ng/l, selon France Info. Les résultats, relayés par France 3 Bourgogne-Franche-Comté, mettent en évidence une contamination généralisée, liée à divers facteurs locaux et infrastructures individuelles.
Le TFA : un polluant toxique et préoccupant pour la santé humaine
Le TFA, acide trifluoroacétique, est un PFAS, un « polluant éternel » issu principalement de la dégradation de certains pesticides. Très soluble et mobile, il se retrouve dans de nombreuses sources d’eau et présente une toxicité préoccupante, notamment pour la reproduction humaine et la santé hépatique. Malgré sa dangerosité potentielle, il ne figure pas encore parmi les 20 PFAS réglementés par la directive européenne, rendant sa surveillance encore plus essentielle. La présence de ce polluant dans l’eau potable de Besançon soulève ainsi des questions importantes quant aux risques pour la population locale.
Les facteurs contribuant à la contamination à Besançon
Plusieurs éléments pourraient expliquer la variabilité des concentrations en TFA observées dans l’eau de la ville. Selon l’étude, les matériaux des canalisations, comme le PVC ou le plomb, jouent un rôle, de même que la distance par rapport aux stations d’épuration, l’âge du réseau de plomberie ou encore la dégradation de certains matériaux domestiques. Des facteurs temporels, tels que les précipitations ou la sécheresse, peuvent aussi influencer la concentration en contaminants par dilatation ou concentration. L’analyse a été élargie à 11 autres communes du Grand Besançon, où des niveaux élevés ont été enregistrés dans certains quartiers comme Devecey, Pouilley-les-Vignes ou Ruffey-le-Château, avec des pics allant jusqu’à 2400 ng/l.
Réaction et mesures à venir de la municipalité de Besançon
Face à ces résultats préoccupants, la ville de Besançon a indiqué qu’elle organiserait prochainement une conférence de presse pour communiquer sur cette contamination. La municipalité devra ainsi préciser la nature des mesures envisagées pour contrôler et réduire cette pollution, ainsi que pour protéger la santé de ses habitants. La situation de Besançon illustre l’urgence de mieux surveiller ces polluants durables dans l’eau potable, dans un contexte où la compréhension de leurs effets à long terme reste encore partielle.