Détenus Cinéastes à Besançon : Quand la Citoyenneté s’Exprime derrière les Barreaux

Les détenus de la maison d’arrêt de Besançon ont récemment réalisé un film sur le thème de la citoyenneté. Ce projet, mené en partenariat avec le collectif « Le terrain des images », vise à sensibiliser les prisonniers à des questions de société et à les impliquer dans des projets d’éducation à l’image.

Pendant un mois, dix détenus ont participé activement à ce projet, devenant tour à tour cadreurs, monteurs et scénaristes. Dans la vidéo intitulée « Sur les traces de la citoyenneté », diffusée sur YouTube depuis le 4 octobre, on peut les voir débattre, argumenter et réfléchir sur des sujets tels que la laïcité, le réchauffement climatique et la liberté d’expression.

Ce qui rend ce film particulièrement intéressant, c’est le fait que les détenus restent anonymes tout au long de la vidéo. Identifiés uniquement par un matricule ou un pseudonyme, ils font partie du cercle des « citoyens anonymes ». Cette approche permet de mettre en avant le message et les idées des détenus, sans que leur image ne vienne influencer la perception du spectateur.

Le projet ne se limite pas à la réalisation du film, il inclut également des groupes de parole au sein de la maison d’arrêt de Besançon, ainsi que des rencontres avec des passants lors de micro-trottoirs. Les détenus ont ainsi pu interagir avec des personnes extérieures à la prison, poser des questions et échanger leurs points de vue.

L’objectif de ce projet est de favoriser la réinsertion des détenus en les impliquant dans des projets culturels et en les sensibilisant à des problématiques de société. En partenariat avec les services pénitentiaires d’insertion et de probation du Doubs, ce projet s’inscrit dans une politique de lutte contre la récidive, visant à prévenir les comportements déviants après la fin de la peine de prison.

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Selon Dan Nicolle, coordinateur culturel des services pénitentiaires d’insertion et de probation du Doubs et du Jura, les retombées de ce projet sont difficiles à mesurer pour le moment, mais chaque participant était fier de sa participation. Environ 70 000 personnes emprisonnées sont suivies et accompagnées par les services du SPIP chaque année, dans le but de favoriser leur réinsertion.

Ce projet démontre une fois de plus le potentiel de l’éducation à l’image en tant qu’outil de transformation sociale. En permettant aux détenus de s’exprimer, de débattre et de participer activement à la création d’un film, ils se voient offrir une opportunité de développer leurs compétences et de réfléchir sur leur place dans la société. Leur anonymat renforce également l’impact de leur message, en mettant l’accent sur les idées plutôt que sur les individus.

Le film « Sur les traces de la citoyenneté » réalisé par des détenus de la maison d’arrêt de Besançon est un exemple inspirant de la manière dont l’éducation à l’image peut contribuer à la réinsertion des prisonniers. En leur donnant la possibilité de s’exprimer et de participer activement à des projets culturels, on leur offre une opportunité de se reconstruire et de réfléchir sur leur place dans la société. Ce projet témoigne également de l’importance de la collaboration entre les institutions pénitentiaires et les acteurs culturels pour favoriser la réinsertion des détenus.

ml ph