Hommage à Jean-Christophe Polien : L’artiste qui a capturé l’âme du rock avec son objectif

La triste nouvelle est tombée ce 5 novembre : le photographe Jean-Christophe Polien s’est éteint à Besançon. Connu pour ses superbes portraits de grandes stars du rock, il laisse derrière lui un héritage artistique remarquable.

Né en 1966 à Gray, Jean-Christophe Polien a passé sa jeunesse à Vesoul, où son père tenait un magasin d’articles de pêche. C’est à l’âge de 21 ans, en 1985, qu’il décide de s’installer à Besançon, la ville de ses débuts. C’est là qu’il développe sa passion pour la photographie, qui deviendra rapidement son métier.

Un talent reconnu à Paris

En 1989, Jean-Christophe Polien se rend à Paris pour poursuivre sa carrière de photographe. Rapidement, il se fait remarquer par son style unique et original. Son intérêt se porte principalement sur le milieu du rock, mais pas seulement sur les photos de concerts. Il préfère capturer des séances plus posées et imaginatives, ce qui deviendra sa signature.

Grâce à son talent indéniable, il travaille pour des artistes du label Barclay et voit ses photos publiées dans des médias prestigieux tels que Le Monde, Rock’n Folk, Télérama, Rolling Stone et même le Times. Il a eu la chance d’immortaliser des artistes emblématiques tels que Nirvana, Oasis, Blur, AC/DC, Les Rita Mitsouko et même Zinedine Zidane !

Il ne s’est pas limité à la scène internationale, car il a également réalisé des portraits de Clara Luciani, Juliette Armanet et Philippe Katerine, parmi d’autres artistes de la chanson française.

Un retour aux sources

Malgré son succès à Paris, Jean-Christophe Polien se sent de moins en moins valorisé en tant que photographe. Fatigué de cette situation, il décide de revenir s’installer à Besançon en 2016. Ce retour dans sa Franche-Comté natale ne l’empêche pas de continuer à mener de nombreux projets et collaborations.

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Il travaille notamment pour la Ville, la Rodia, l’Orchestre Victor-Hugo ou encore Les 2 Scènes. Il était actuellement engagé dans un projet en profondeur autour des dix ans du festival No Logo à Fraisans, ainsi que dans d’autres festivals tels que Détonation. Il animait également des ateliers d’art plastique dans des collèges de l’agglomération et a même contribué à la documentation de la crise sanitaire en photographiant les couturières produisant des masques protecteurs.

Dans une interview accordée à L’Est Républicain, il dévoilait sa façon de travailler : « Je travaille à l’envers. J’imagine ma photo. Je prépare le cadre avant qu’ils arrivent. Je pose mon pied. Ils n’ont plus qu’à s’installer. Je fais deux prises. C’est très rapide. » Cette approche témoignait de sa grande maîtrise du métier.

Un héritage artistique à préserver

Malgré son décès prématuré, Jean-Christophe Polien avait comme projet de réaliser un livre compilant ses portraits les plus marquants. Espérons que ce projet puisse être repris par d’autres pour honorer sa mémoire et préserver son héritage artistique.

Les détails concernant les obsèques de Jean-Christophe Polien restent à déterminer. Sa disparition laisse un grand vide dans le monde de la photographie, mais son talent et sa passion continueront d’inspirer de nombreux artistes.

ml ph