Une crise du logement imminente à Besançon : les grands chiffres
Selon les récents rapports, la ville de Besançon doit impérativement construire plus de 3 400 logements supplémentaires d’ici à 2040 pour répondre à une pénurie d’habitats. Ce chiffre, rappelé par la maire Anne Vignot, souligne l’ampleur du défi pour la métropole, où seuls 150 nouveaux logements ont été créés en 2024.
Ce déficit est accentué par l’objectif que s’est fixé la municipalité, visant 26 % de logements sociaux dans le total des nouvelles constructions. Cependant, la mise en œuvre concrète de ces ambitions se fait encore attendre, suscitant l’inquiétude des habitants et des acteurs locaux.
Les projets urbains : un processus long et souvent frustrant
Le secteur Grette-Brûlard-Polygone, un des grands projets d’aménagement de Besançon, illustre bien cette problématique. La concertation avec les habitants a débuté avec une réunion publique en janvier 2022, mais plus de deux ans et demi plus tard, peu de choses ont changé sur le terrain. La ville ambitionne de réaliser 600 logements, une résidence autonomie pour personnes âgées, ainsi qu’une école, mais les travaux peinent à démarrer.
Les résidents, notamment ceux de la rue de la Grette, expriment leur impatience face aux retards. Valérie Baron, habitante du quartier depuis 30 ans, déplore l’attente : « Qu’est-ce qui va se passer ? Quand commenceront enfin les travaux ? » La situation est d’autant plus préoccupante que l’école prévue aurait dû être détruite dès décembre dernier, mais le chantier reste en suspens.
Un désintérêt persistant et des enjeux sociaux
Le contexte social autour de ce projet est contrasté. Certains anciens habitants, comme ceux de la cité des 408 déconstruite en 2022, gardent une forte nostalgie, tout en étant sceptiques quant à l’intérêt du nouveau quartier à venir. La construction d’environ 120 logements sociaux prévu à partir de 2027 ne semble pas séduire tous les anciens résidents, notamment ceux qui depuis longtemps refusent de déménager, comme cette ancienne militaire, qui valorise encore son environnement actuel, avec ses vergers et sa tranquillité.
Ce décalage entre attentes et réalité alimente le débat local, où la question des infrastructures, notamment celle des parkings, reste une priorité partagée par tous. La municipalité a prévu de commencer ces aménagements dès l’année prochaine, pour compenser le manque d’espace de stationnement dans ces quartiers en pleine croissance.
Une vision optimiste ou une impasse ?
Avec l’objectif de répondre aux besoins croissants en logements, la ville de Besançon devra relever un défi colossal dans les années à venir. La réussite de ce pari dépendra autant du respect des délais et de la mobilisation des acteurs locaux que de la capacité à rassurer les habitants sur la qualité et l’intérêt des nouveaux projets.
En conclusion, si la ville veut réellement combler son déficit en habitations et proposer un habitat digne et accessible à tous, il lui faudra faire preuve d’une grande cohérence dans sa stratégie d’urbanisme, tout en maintenant un dialogue constructif avec ses habitants. La question reste ouverte : jusqu’où cette ambition pourra-t-elle être soutenue face aux retards et désintérêts actuels ?